Samedi 4 juillet :
Après avoir voyager pendant une journée et demie, la nuit ne valant qu’un quart en raison du décalage horaire, nous avions traversé la France à 50 km/h dans un shaker. Comme quoi tout est possible.
La météo a été orageuse et nous avons même eu nos premiers flocons de neige.
Petit mot culturel : le Kyrghyztan
· 5 millions d’habitants dont 1 millions est concentré dans la capitale (Bishkek)
· A proclamé son indépendance en 1991.
· N’a pas de religions de base en raison de l’ex-régime soviétique.
· L’industrie principale est la betterave à sucre mais chaque habitant se limite à cultiver pour les besoins de sa famille.
Dimanche 5 juillet :
Mon réveil ne sonne qu’à 8 heures !!! Le petit déjeuner est légèrement spécial ou comme on dirait poliment, local : une sorte d’avoine au lait accompagné d’autres plats plus ou moins indescriptibles. On entend les consignes de la journée données par le chef et ensuite on part pour un petit sommet dans le but de s’aérer (environ 3800 m). La neige qui est tombée un jour plus tôt ne met pas trop de temps pour fondre ce qui nous permet de faire au moins la moitié de la descente dans un terrain un peu plus stable. Au camp nous sommes accueillis avec une bonne soupe de légumes et une sorte de feuilleté thon fromage. Et c’est après une petite visite pour certains, une promenade pour les autres et une bonne sieste pour moi, que les suisses battent les valaisans 10 – 2 dans un match de foot extrêmement essoufflant, mais bon pour l’acclimatation d’après le chef, à 3000 m d’altitude.
Ce soir c’est sous une plaine lune extraordinaire qu’un kyrghyze nous organise une disco dans son mini bus !
Lundi 6 juillet :
C’est de nouveau un de leurs petits déjeuners locaux qui nous réveille en force. Avant de quitter cet endroit magnifique dans lequel nous avons eu la chance de dormir, les locaux nous invitent à une coutume très ancienne pour nous souhaiter bon voyage et bonne chance pour le sommet. Dimitri porte les habits du chaman et nous autres des costumes de cérémonie. Après quelques danses, ils nous faut nous en aller d’un lieu féérique qui nous a permis de faire passer plus facilement le décalage horaire. La route va être de nouveau très longue aujourd’hui. Après deux heures et demie de route, le premier contrôle kyrgyze est déjà là. Simple contrôle d’identité. Une heure plus tard, c’est le deuxième contrôle qui se présente à nous : cette fois on quitte le Kyrghyztan et on pénètre dans la zone démilitarisée. Une heure et quelques miradors plus loin, ce sont les premières barrières chinoises prévues pour contrôler le trafic entre les différents pays, il est 11 heures du matin. Vers 13h30, nous obtenons en fin l’autorisation de traverser. Une fois redescendu de ce col haut perché, c’est un contrôle militaire : fouille intégrale des bagages. Et après de nouveau deux heures de voyage et une boîte à vitesse qui nous lâche, nous pénétrons dans le dernier contrôle chinois : santé, visa, bagages. Cette fois il est 20 heures et nous avons enfin le droit de circuler « «librement » en Chine. Heureusement Michel est là pour détendre l’atmosphère en nous annonçant la victoire de Roger Federer. Espérons que nous pourrons relever aussi le trophée mais dans notre domaine.
Mais ce soir on nous apprend que nous aurons des contrôles de police partout sur les routes et l’armée va patrouiller dans toutes les rues en raison de la révolution antichinoise qui s’est déclarée alors que nous étions dans l’avion.
Mais ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle : à partir de maintenant c’est avec des baguettes que nous devront manger. Le premier repas à beau être conséquent, sur la table, nous ne mangeons pas beaucoup. Il faut encore s’habituer.
Mardi 7 juillet :
Après un petit déjeuner chinois (légumes bizarres), on nous presse pour partir plus tôt que prévu ou en réalité à l’heure normale car on nous avait annoncé l’heure Beijing et nous nous avions l’heure locale. Et c’est à nouveau une longue route avec de nombreux contrôles en raison des émeutes. Une petite pause à midi nous permet de visiter un joli village de nous arracher la gorge avec une bonne viande et des nouilles correctement pimentées. À la fin du repas, nous croisons une allemande qui est partie en vélo de Hong-Kong. Après une après-midi de voyage, nous arrivons enfin au petit « village » soi-disant très intéressant au pied du Muztagh-Ata. Seulement il n’y a rien à voir, c’est pourquoi nous décidons de monter dès demain au camp de base c’est cet après-midi que les occupations typiques de camp de base : cartes, livre, musique- cette fois, nous entrons dans le vif du sujet, le expédition vient de reprendre un sens.
Mercredi 8 juillet :
Comme prévu, c’est aujourd’hui que nous montons au camp de base. Le début de la marche se passe sous le soleil, mais rapidement ça se couvre et un fort vent accompagné de grêle nous attaque de plein face. Nous avons quand même l’occasion de voir beaucoup de marmotte. Remarque étonnante : elles sont couleur sable et leur cri strident est accompagné d’un petit grésillement. Une fois arrivé au camp de base, la surprise est totale, nous avons chacun une tente trois places et la tente messe est assez grande pour mettre 25 personnes sans compter qu’on y trouve du Nutella. Après nous être chacun installé dans notre tente, les équipes habituelles se rejoignent pour une bonne partie de jass pendant que Michel et Sam vont faire une première reconnaissance jusqu’au glacier. Pour ce qui est des contacts extérieurs, les communications restent encore complètement coupées (la révolution continue).
Jeudi 9 juillet :
Afin de continuer notre acclimatation, nous partons en petits groupes nous promener dans la direction du glacier. Je commence à avoir un peu le mal de tête après environ 200 mètres d’ascension et quelques amusements sur ce glacier avec Dim. Dans la descente, c’est une descente fort prenante qui nous occupe : les origines du monde, qui sommes nous ? Suite à la soupe et une petite assiette de pâtes locales, vient la sieste, la partie de cartes journalière et de petites discussions en souvenir de notre merveilleux pays. Et oui, une sorte de mal du pays commence à s’installer mais le chef nous rappelle à notre place réelle quand il nous annonce que demain nous allons tenter notre première montée en direction du camp 1. Le petit moment de culture suit après le diner et puis le grand repas bien mérité et surtout nécessaire pour garder la forme.
Vendredi 10 juillet :
La montée se passe très bien en général sauf pour Cédric et Dimitri qui ont un gros mal de tête. Pam, en plus du mal de tête, à beaucoup de peine car elle n’est pas encore habituée au rythme de Michel. Une fois arrivé à 5100 m, nous nous arrêtons et faisons une petite sieste pendant que Michel et Sam continue à ski jusqu’au camp 1 à 5400 m pour vérifier les installations. C’est à la descente que je commence à avoir un léger mal de tête. Sans compter que le genou commence de faire des siennes. Maintenant je commence à avoir peur. Je me vois comme l’éclopé du groupe qui va rester coincé avec une radio au camp de base pendant que les autres attaquent ce sommet. Mais à nouveau Michel est là pour rassurer : « Tu crois que moi j’ai pas mal ? Moi j’ai mal à la montée et à la descente, seulement il faut savoir penser plus au paysage qu’à la mécanique. »
La j’ai compris que je suis venu ici pour le sommet et non pour autre chose et c’est en courant que je termine ma descente.
Ce soir c’est assis dans l’herbe que Michel nous donne les consignes des prochains jours. Demain, repos, ensuite nous allons monter jusqu’au camp 1 pour la journée et redescendre le soir. Après un nouveau jour de repos, nous monterons au camp 1 pour dormir puis montée au camp 2 pour la journée et redescente jusqu’en bas. Pour la suite tout dépendra de nos montées précédentes. Soit soit nous montons dormir une nuit au camp 2, soit nous commençons directement à attaquer le sommet.
Après le repas nous sommes invités par une guide chinoise (Die Die ou Lili pour les intimes) à regarder la télé avec eux. Mais après trois tentatives, les disques étant tellement rayés, nous avons droit à la chaîne des nouvelles chinoises. Nous allons donc nous coucher et nous reposer de notre première journée de grimpe en haute altitude.
Samedi 11 juillet :
Une superbe journée de repos sous un soleil radieux s’annonce avec grand plaisir. Le cuisinier n’a pas compris par contre que l’on ne mange pas seulement avant les montées mais aussi avant les repos. Il faudra donc améliorer les menus sur les prochains jours.
Ce matin, après un petit déjeuner trop court pour certain (voir même pour tous), nous profitons de la matinée pour faire une bonne sieste (on ne dort pas suffisamment la nuit à 4400 m qui est l’altitude du camp de base), éventuellement un peu de lessive pour certain et surtout beaucoup de lecture.
Cette après midi nous reprenons nos activités habituelles : jass + discussions. L’équipe Dim + Pat bat comme à con habitude l’équipe Zoé + Ben. Et après quelques nouvelles heures de lecture, nous avons droit à un souper copieux durant lequel nous goûterons du fromage de yack. C’est extrêmement fort en goût. Il vaut mieux avoir du chorizo en réserve pour se réserver une odeur acceptable en bouche.
Cette fois la motivation est au maximum, tout le monde à envie de grimper sur cette fichue bosse.
Dimanche 12 juillet :
Aujourd’hui l’acclimatation va chercher un peu plus loin puisque nous montons jusqu’à 5400 m au camp 1. Certain ont très mal à la tête mais en général tout le monde est content de notre première journée de ski. La descente est courte mais aussi amusante qu’essoufflante.
En ce qui concerne la météo, il fait très beau mais beaucoup de vent et vu que nous portons en plus les skis, ça rajoute une prise au vent et nous sommes souvent balancé dans tous les sens.
Cédric se sent vraiment très mal et malheureusement il doit remettre en question le sommet. Dim, lui, se demande si le manque d’oxygène le rend fou car il a tenté de refaire le Mont Rochefort dans la glace ?!? Pour Pam, en plus du mal de tête elle oublie son appareil photo au camp 1. Quand à Lionel, « Tout ce qui fut forcé de rentré, fut forcé de ressortir. »(Lionel Corbeau, 12 juillet 2009).
Pendant le repas nous avons le droit à un exposé très fourni sur les différents œdèmes donné par Michel et le Toubib.
Lundi 13 juillet :
C’est aujourd’hui la pire journée de repos que nous avons passée. J’en ai presque honte. Le petit déjeuner n’était qu’à 9 h du matin et nous n’avons pas quitté la tente messe de toute la journée sauf pour aller aux toilettes.
Arès avoir mangé, nous avons discuté, puis « beaucoup » lu. Après ça est arrivé la soi-disant pizza de midi que nous dégusterons que le soir même car le chef cuisinier n’est pas là pour la préparer. Finalement nous mangeons une sorte de pâtes carbonara façon locale.
Cet après midi les parties de jass reprennent. Inutile de préciser qu’en fin de soirée il devenait compliqué voir même impossible de nous concentrer sur notre jeu.
Au souper nous mangeons donc notre pizza au lieu de la deuxième surprise qui aurait du être « swiss-food » mais chut, le guide n’avait pas le droit de nous dire. Ce n’est que partie remise puisque le cuisinier nous la prépare pour notre retour du camp 1 dans deux jours.
Mardi 14 juillet :
Cette fois on a vraiment pris notre temps pour monter au camp 1. Environ 5h30. Mais c’est parce que nous y restons pour dormir durant deux nuits. Cédric et Dim ne nous suivent malheureusement pas. Ils sont tous les deux malades, le toubib les redescend jusqu’à la tente matériel (5100 m) où on laisse les skis. Tandis que nous on continue notre montée tranquillement. Une fois arrivé au camp, nous formons les groupes de deux pour la nuit. Je me retrouve avec Mathias (le toubib) mais nous ne sommes pas sur s’il va avoir le temps de remonter. Enfin, on commence à s’installer et on se rend compte que, en plus d’être en pente, le fond des tentes est parsemé de bosses qui sont des cailloux. Ça promet une bonne nuit de sommeil ! C’est après avoir préparé les repas par tente que nous irons nous coucher. Mais nous ne pourrons nous endormir qu’après avoir trouvé la bonne position mais plutôt la plus adéquate.
Mercredi 15 juillet :
Un mal de tête horrible et quelques nausées me réveillent ce matin vers 6 heures. Mais ce n’est qu’une heure après, lorsque le toubib se réveille que je prends des médicaments pour aider à faire passer. À la fin d’une longue matinée de réflexion, je me rends compte qu’il vaut mieux descendre au camp de base et dans le but de me reposer pour pouvoir mieux aller les jours suivants et retenter le sommet quand le prochain assaut sera sonné. Pendant ce temps, Dimitri et Cédric retentent une montée au camp 1 pour passer quand même une deuxième nuit avec ceux qui restent. Après une longue après-midi de sieste réparatrice, je vois réapparaître Cédric. Malheureusement pour lui, les choses ne vont pas mieux. Il lui faudrait surement une acclimatation plus longue mais impossible car il est toujours compliqué de prendre deux mois de vacances quand on est un homme d’action.
Pour nous consoler, notre cuisinier nous a préparé une bonne fondue (à 4'400 m d’altitude même une fondue Gerber devient bonne). Le pain est une sorte de pain sucré, je dirais pour le définir que c’est une cuchole chinoise. Elle est servie avec des oignons coupés en tranche et des gousses d’aille aussi forte que les piments d’Amérique du Sud. Bonjour les brûlures d’estomac.
Jeudi 16 juillet :
Heureusement que j’étais vraiment très fatigué, sinon j’aurais vraiment très mal dormis. Le vent s’est levé hier soir et a atteint très facilement les 60 à 100 km/h dans la journée. Ce matin je me suis promené dans le camp de base et dans les alentours. J’ai été rendre visite aux yacks et c’est seulement vers 1 h que j’entends notre guide, Adel, qui appelle à table. Cédric était déjà là. On nous a servis un plats apparemment très apprécié en Chine : des pommes de terre avec du poulet, le tout très épicé. Ce ci accompagné de spaghettis très large.
Enfin bref, quand nous avions fini de manger, le reste du groupe terminait la descente vers le camp de base et les premiers arrivaient déjà.
Ce soir la discussion est très importante : elle parle de la suite. Qui va continuer jusqu’au sommet ? Cédric et Dim annonce déjà qu’ils ne pourront pas continuer et vont rester au camp de base. Mais les autres ? La question reste bien présente et va perturber bien des sommeils.
Vendredi 17 juillet :
Première journée de repos pour tout le groupe. Aujourd’hui c’est aussi l’anniversaire de ma nièce. Elle a 1 année. Je pense qu’ils ont organisé une grosse fête à la maison. Je me rappelle encore quand je la faisais sauter dans mes bras, elle qui se met à rire. Un rire encore enfantin mais tellement expressif de sa pensée. Puis je me vois la tenant par les mains en tentant de la faire marcher mais elle se laisse balancer et me regardant avec son sourire moqueur l’air de dire l’aire de dire : « Laisse tomber tonton, t’y arrivera pas !!! »
Mais qu’est-ce que je fais dans ce camp de base perdu au milieu de rien, à plus d’une journée de voyage de chez moi (sans compter les contrôles militaires) alors qu’à la maison c’est la fête. Je crois que mon surnom de tonton le fou est quand même bien mérité !!!
Samedi 18 juillet :
Notre deuxième journée de repos commence avec de gracieux éclats de rire autour d’une table de petit déjeuner. Quoi de mieux que de bons gags au réveil ? Puis les activités habituelles recommencent : jeux de cartes, isolement sur la colline pour lire ou penser à toutes sortes de choses. Parties de rigolade avec les cuistots qui jouent aux cartes, un jeu chinois qui ressemble à un président. Par contre certaines attractions sont totalement nouvelles : je suis monté sur un âne qui traînait par là, sans gardiens. Le salop ne voulait pas m’obéir ! il partait dans la direction opposée à celle que je lui indiquait !
Plus tard dans la soirée, les enfants locaux sont venus jouer avec moi. Certains hommes du camp veulent m’échanger des couteaux contre tous mes habits. Comment leur expliquer que je ne peux me vêtir de seulement trois belles lames ?
Pour moi aujourd’hui c’est la journée décisive puisque je décide de ne pas monter au sommet, mais je reçois quand même l’autorisation de monter au camp 1 pour faire quelques belles descentes.
Dimanche 19 juillet :
Aujourd’hui c’est le grand départ, tout le monde est un peu anxieux à l’idée de quitter une dernière fois le camp de base en direction du sommet. Cédric reste au camp de base quand à Dim et moi, les choses sont très claires : on monte au camp 1, on les aides à s’installer puis on redescend. La montée se passe bien pour tout le monde ou presque puisque Benoît ressent une baisse de régime. Une fois arrivé au camp, il décide de descendre avec nous car il n’arrivera pas à se reposer suffisamment à 5400 m pour partir le lendemain. Après une heure environ, les premiers de l’équipe de Daniel (le groupe de suisse-allemands qui étaient là avant nous) arrivent du sommet. Dans leur groupe trois sont arrivés au sommet. On retournera au camp de base avec l’un d’entre eux alors que les autres attendront ceux qui sont en raquettes.
Lundi 20 juillet :
Le contact radio est établi comme prévu autour de 7 heures du matin. On nous annonce qu’une des filles va redescendre sans nous dire laquelle. Tous les autres vont bien et continuent aujourd’hui sur le chemin pour le sommet.
Le suspens et les paris commencent pour savoir quelle fille est en train de nous rejoindre dans nos grands moments de solitudes avec des marmottes un peu étranges. Qu’est-ce qu’on peut être méchant après quelques semaines à 4400 m d’altitude.
À la fin de notre repas, on aperçoit la silhouette de Zoé qui arrive au bas de la moraine. Elle ne nous dira pas grand-chose aujourd’hui. Simplement qu’elle n’avait malheureusement pas le physique nécessaire pour y arriver malgré les heures d’entrainements. Et c’est par une « pensée de groupe » que tout le monde se dit que finalement nous nous sommes contentés du minimum légal et que nous devrons mettre les bouchées doubles pour la suite.
Et c’est alors que commence les longues heures d’attente avant le prochain contact avec notre équipe. Il s’avère qu’une fois arrivé au camp 2 trois personnes ont du redescendre. Pam, Chédel et Sam qui a du les accompagner pour les passages techniques. La nouvelle reçue, immédiatement une colonne de secours se met en place, formée de tous les rescapés. On les croise au 2/3 de la moraine, Chédeli va beaucoup mieux quand à Pam, elle ne marche encore que sur l’énergie des médicaments. Sam, ne voulant pas dormir au camp 1, décide de descendre au camp de base et rejoindra peut-être l’équipe au camp 2 demain (ils vont y passer deux nuits).
Mardi 21 juillet :
Sam n’est pas parti ce matin. Il ne serait pas arrivé jusqu’au camp 2. Il n’avait pas une forme suffisante. Cédric en profite car il va pouvoir l’aider à programmer la suite. C’est là que les mauvaises surprises arrivent : le départ du camp de base n’est pas prévu pour le 28 juillet mais pour le 28ème jour de l’expé ! Ce qui donne le 30 et donc nous n’avons donc plus que 1 jour pour arriver à prendre notre avion. Il ne nous reste donc aucune marge en cas de crevaison ou tout simplement de boîte à vitesse défectueuse ! Il faut donc rentrer en négociation avec Tien Shan Travel pour réarranger les choses un peu mieux. Ce qui est très compliqué puisqu’ils deuvent contacter l’agence au Kyrghyztan et que toutes communications en dehors du Xinyang est interdite.
Quand à nos grimpeur, il passe la journée au camp 2 et vont profiter de cette journée de « repos » (on ne se repose pas beaucoup à 6200 m d’altitude) pour dégager les tentes de toutes la glace qui les entourent.
Mercredi 22 juillet :
Et voilà une journée de plus durant laquelle on meurt d’ennui. La moindre occupation est la bienvenu. Pour beaucoup, leurs livres sont déjà finis. On procède donc à des échanges stratégiques. Et malgré toute cette culture qui voyage entre différentes mains, il est beaucoup plus facile de passer la matinée devant une table à jouer aux cartes et manger du chocolat. Étonnamment, le Nutella prévu pour deux jours n’a pas été mangé ! Peut-être sommes nous devenus raisonnable dans les seuls moments où il faut savoir se laisser aller pour ne pas exploser !?! Mais après, qu’est-ce qui est le plus raisonnable, manger beaucoup trop de Nutella ou passer sa journée à critiquer tout ce qui est critiquable ?
Alors que nos cinq montagnards continuent leur route en montant au camp 3, et vont tenter de reprendre leur souffle pour la dernière montée pour le sommet. Enfin c’est ce que l’on espère car aucun contact radio n’a été établi.
Jeudi 23 juillet :
Toujours aucun contacts avec notre équipe. Sam et Cédric sont partis ce matin vers 2h30 pour aller démonter le camp 2.après une matinée de bataille de boules de neige (il est tombé environ 15 cm pendant la nuit), quelques danses iraniennes et un bon repas, le reste des rescapés par démonter le camp 1.
Une fois arrivé à la tente matériel, le contact avec nos grimpeurs est établi : Michel, ne supportant pas la nourriture lyophilisée, a vomi pendant 3 jours ses repas et est resté au camp 3 ; Lionel n’avait pas suffisamment la forme car lui aussi a eu quelques problèmes avec ses repas, est resté au camp 3 ; Adrian est monté jusqu’à 7'000 m et les deux derniers sont allé jusqu’à 7'200 m mais n’ont pas continué à cause des conditions météo.
Vendredi 24 juillet :
Et une nouvelle journée de repos mais quand même plus mouvementée que les autres s’annonce. Nous devons aujourd’hui mettre au point le programme des prochains jours. Michel (lui seulement car même si on défend notre cause il nous écoute que pour mieux nous contredire et de toutes façons il a déjà décidé ce qu’il ferait et nous concerter n’est là que pour faire bien) doit créer un programme intéressant mais tout en faisant attention à notre sécurité. Nous ne sommes encore au courant de rien de ce qui se passe à la capitale. En plus on entend parler d’un énorme bazar mais est-il sûre ? Après de nombreuses « négociations », il est décidé que nous quitterons le camp de base le 27, visiterons le bazar le même jour, et dormirons deux jours à Kashgar et visiterons la ville avant de prendre gentiment le chemin du retour en direction de Bishkek.
Jour n° 1
Aujourd'hui, on doit tous se lever a 7h15 du matin pour partir